Le monde de Kiki
29 Juin 2012
Histoire
Gautier de Hondschoote est présent aux festivités données par le comte de Chini en 1285 et décrites par Jacques Bretel dans son Tournoi de Chauvency. Il s'y trouve aux côtés de Philippe de Flandres, de Florent de Hainaut, du châtelain de Bergues, des seigneurs de Haussy, Lalaing, Ligne, Fléchin, Montigny, Auberchicourt …
Au Moyen Âge, Hondschoote prospère grâce à l'industrie du drap. Avec le lin cultivé dans les environs des centaines de petits ateliers fabriquent du tissu de serge. Au XVIème, Hondschoote avait une chambre de rhétorique, De Persetreders, toujours opérationnelle en néerlandais au XIXème. À partir du XVIème, cependant, les malheurs s'acharnent sur la ville, devenue espagnole, plusieurs fois pillée au cours des guerres et touchée par la peste de surcroît. Au début du mois d'août 1566, les Gueux pillent l'église d'Hondschoote. Cet incident mineur donne le signal de la rébellion sur toute la côte et conduisit à des émeutes iconoclastes conduites par les calvinistes dans tous les Pays-Bas espagnols.
Après chaque désastre, Hondschoote essaie de s'en remettre mais ne peut empêcher son déclin. Devenue française en 1658 après de nouveaux pillages et de nouveaux incendies, elle succombe enfin après l'invasion hollandaise de 1708 : toute production cesse bientôt et elle n'est plus qu'un village agricole. Les producteurs de tissu se sont enfuis pour se réfugier dans l'actuelle Belgique et en Angleterre, faisant profiter de leur savoir-faire les rivaux de la France.
La bataille d’Hondschoote du 6 au 8 septembre 1793, au cours de la Révolution, est un événement majeur qui sauve la République française. Le roi d'Angleterre a envoyé à travers les Flandres une armée commandée par le duc d'York, pour s'emparer de Dunkerque, tête de pont à l'invasion du pays. Cette armée, renforcée par des troupes hanovriennes et autrichiennes sous les ordres du maréchal Freitag, venues des Pays-Bas voisins, est battue par une armée de volontaires patriotes. Durant la bataille, le moulin à vent sert de poste de guet et d'infirmerie.
Lieux et monuments
L'église Saint-Vaast
Bâtie au XVIème siècle. La tour, haute de 82 mètres, construite en briques blanches du pays s'appelle De Witte torre (la tour Blanche). Cette tour préservée lors de l'incendie de 1582 porte dans l'un de ses piliers la date de 1513.
'Ses autels'
Dans la nef droite : l'autel Saint Sébastien. - Autel sculpté de style Louis XIV : On peut y remarquer les armoiries de la confrérie Saint Sébastien ou confrérie d'Archers, fondée en 1586, ayant pour charge la défense de la ville et de ses habitants.
Un autel moderne : l'autel du Sacré-Coeur.
À droite du chœur : l'autel des Âmes (1673) : style Louis XV ; le sujet principal du retable est un tableau peint représentant la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. De chaque côté, des statues sculptées, l'une de saint Crépin (patron des cordonniers), l'autre de saint Séverin (patron des tisserands).
Au centre : le maître autel. Une dalle rappelle que la nièce de Jean Bart y est enterrée.
À gauche du chœur : l'autel de la Sainte Vierge. Le sujet principal représente l'Apparition de la Sainte Vierge à Saint Dominique.
L'autel Notre Dame des Sept Douleurs. Le sujet principal représente le Christ mort, étendu sur les genoux de sa mère.
La Chaire de 1755
Buffet d'orgue En chêne, style Louis XV et Renaissance, construit entre 1611 et 1613, le grand buffet a été remplacé en 1737.
Boiseries et confessionnaux tous en chêne sculpté, style Louis XV.
Hôtel de ville
En grès et pierres blanches, il date de 1558. Sur sa façade arrière, on peut remarquer les motifs en forme de bouteille qui encadrent les fenêtres du pignon gauche et de la face latérale de la tour.
La cave de l'hôtel de ville servait d'ancien corps de garde.
Autres
Monument commémoratif de la bataille de 1793 : inauguré en 1890 et dû au statuaire lillois Darcq.
La fontaine : offerte à la ville en 1835 par Alphonse de Lamartine (dont la sœur résidait à Hondschoote).
Le Noordmeulen (Moulin à vent) : restauré en 1988, porte la date de 1127. Sa cabine de bois repose sur un pivot de pierre. Sur les poutres ont été gravés les noms des meuniers, des dates. En 1982 devient propriété communale. Il a cessé de tourner en 1959.
Le Spinnewyn (autre moulin à vent) : abattu en 1793 lors de la bataille d'Hondschoote, il a été reconstruit lors du Bicentenaire, en 1993, à l'identique (en bois et sur un pivot de briques) car il fut le témoin privilégié de la bataille de 1793.
Bataille de Hondschoote
La Bataille de Hondschoote (ou bataille d'Hondschoote) oppose les troupes de la République française à celles de la première Coalition le 8 septembre 1793. Le général Houchard bat le Duc de York et Albany et libère Dunkerque.
Contexte
Au mois d'août 1793, le prince de Cobourg occupe Condé, Valenciennes, Le Cateau. À Dunkerque , le général Souham, secondé par Hoche résiste vaillamment au siège mené par les troupes britanniques de Frederick (dur de York et Albany). Hondschoote est occupée par les troupes de Hanovre commandées par le maréchal Freytag. Carnot ordonne au général Houchard de libérer Dunkerque.
Le 6 septembre à la tête d'une armée de 40 000 hommes, Houchard marche sur Rexpoëde, Bambecque, Oost-Cappel. Le 8 septembre, après un assaut à la baïonette des gendarmes à pied de Paris, il prend Hondschoote.
Le duc de York et Albany lève précipitamment le siège de Dunkerque pour se réfugier à Furnes où il rejoint le reste des troupes de Freytag.
Accueilli en triomphe à Dunkerque, Houchard est cependant accusé de lâcheté pour avoir laissé s'enfuir les armées de la coalition. Destitué de ses fonctions, au profit de Jourdan, par le ministre de la Guerre Bouchotte, le tribunal révolutionnaire le condamne à mort. Il est guillotiné le 16 novembre 1793.
Un récit de la bataille de Hondshoote
La journée du 7 septembre 1793 fut employée par le général en chef à reconnaître la position des alliés, retranchés d'une manière formidable dans Hondschoote. L'armée républicaine réoccupa les postes abandonnés la veille. Houchard commit encore une faute pareille à celle qui venait de lui être fatale, en détachant la division Landrin pour contenir l'armée de siège de Dunkerque, tandis que le point décisif se trouvait à Hondschoote. Sa précaution fut utile. On a dit pour l'excuser qu'il eut été imprudent de livrer la bataille de Hondschoote sans faire observer le camp de 20 000 Britanniques campés à une lieue derrière lui, sous les ordres du duc de York et Albany et d'Alvincy. La position de cette armée devant Dunkerque ne semblait cependant nullement à craindre pour les derrières de l'armée de Houchard, à cause de la diversion suffisante que l'on devait toujours attendre de l’artillerie de la place et d'une sortie de la garnison.
Le 8 au matin, l'armée française s'ébranla pour l'attaque du village de Hondschoote. La droite aux ordres de Hédouville et de Collaud, prit position entre Killem et Beveren, la gauche entre le canal de Furnes et Killem et le centre, en avant de ce dernier village, était commandé par Jourdan. Les deux armées se trouvaient engagées de front, à l'exception, pour l'armée française du corps de Leclaire, qui avait été détaché pour se glisser le long du Lang-Moor, sur le Flanc droit de l'ennemi. Nous verrons plus tard l'importance capitale de ce choix stratégique. Jourdan en s'avançant contre Hondschoote, rencontra dans un taillis les tirailleurs hanovriens couvrant la position. Toutes les troupes de l'ennemi se trouvaient concentrées sur une même ligne aux ordres du général allemand Walmoden, car Freytag se trouvait, par ses blessures, hors d'état de commander. L'ennemi, plein de confiance dans sa position, défendue par des batteries rasantes, attendit les Français. Le combat s'engagea bientôt avec la plus grande vivacité, et les deux partis envoyèrent successivement le gros de leurs forces pour soutenir les corps avancés.
La résistance anima de part et d'autre les combattants. Les fossés, les haies, dont le pays est couvert, furent attaqués et défendus par une sorte de rage. Ce n'était pas un combat, disent les témoins oculaires de cette action, ce n'était plus qu'une boucherie, un massacre au corps à corps. Cependant le régiment de Brentano et une brigade hessoise, avaient été en quelques sorte hachés par nos soldats, et le général Conhenhausen, ayant été mortellement blessé, la position resta au pouvoir des Français. Mais les redoutes qui entouraient le village de Hondschoote étaient encore occupées par 15 000 Britanniques ou Hanovriens qui ne cessaient de foudroyer les armées françaises.
La résistance avait été si opiniâtre, que Houchard désespérant de la victoire refusa à Jourdan l'autorisation d'assaillir ces redoutes avec un corps de 10 000 hommes qu'il pouvait rassembler en un instant. Mais celui-ci, voyant ses tirailleurs se retirer en désordre et sentant la nécessité de porter un coup décisif, sollicita et obtint du représentant Delbrel la permission que le général en chef lui refusait. Alors, formant une colonne de trois bataillons qu'il conservait encore auprès de lui, il s'avança vers les formidables batteries. Son exemple et celui du conventionnel Pierre Delbrel, qui voulut partager sa gloire et ses dangers, électrisèrent les généraux et les soldats et les troupes réunis sur ce point. Blessé à cinquante pas des redoutes, Jourdan n'en continua pas moins d'avancer au pas de charge.
Bientôt un cri de victoire se fit entendre à la droite des retranchements. Le colonel Leclaire, qui commandait la gendarmerie et qui, ainsi que nous l'avons dit, avait été détaché sur la droite, prenait les retranchements à revers, après avoir fait, avec ses soldats, deux lieues au pas de course, en longeant les marais de la Moëre .
Le corps de gendarmerie à pied de Paris, aussi remarquable par son indiscipline que par son courage, était composé des anciennes Gardes-Françaises ; il seconda vigoureusement Leclaire, et emporta les redoutes, après avoir été repoussé dans un premier assaut, dans lequel il se fit un grand massacre de Britanniques et de Hanovriens. Les soldats qui suivaient Jourdan, enivrés encore par l'exemple de leurs camarades, renversèrent tout ce qu'ils trouvaient devant eux, ils emportèrent en outre le village de Hondschoote défendu par les Hanovriens de Walmoden, par une attaque menée d'une main de maître à la baïonnette. L'armée britannique fut enfoncée sur toute la ligne et s'enfuit en désordre sur Furnes, abandonnant aux vainqueurs 6 drapeaux britanniques et hanovriens, ses canons et ses bagages.
Walmoden, parvenu avec peine à rallier ses troupes à quelque distance du champ de bataille, introduisit un peu d'ordre dans la retraite, qui s'exécuta, la droite par Houtem sur Furnes, la gauche par Hoogstade, en longeant le canal de Loo. Walmoden fit ensuite prendre position en potence, la droite appuyée à Bulscamps, et la gauche à Steinkerque (aujourd'hui Steenkerque), pour couvrir, autant qu'il était possible, la retraite du corps de siège. Dans ces trois journées, où la perte fut à peu près égale de chaque côté, l'ennemi eut 4 000 hommes tués, blessés ou prisonniers.
La conduite des troupes britanniques et hanovriennes mérita des éloges ; elles montrèrent du sang-froid, du courage et de la ténacité, et si elles furent vaincues, ce fut parce qu'elles eurent à combattre des Français qu'animait l'exaltation d'un récent et fervent républicanisme et le sentiment des dangers de la patrie.
Le Pays du Lin
Surnommé ainsi car l'économie du Lin y est importante, ce vaste territoire naturel s'étend de la vallée de l'Yser jusqu'aux plages de sable fin de la côte d'Opale. Les nombreuses fermettes et maisons isolées donnent à cette campagne un caractère typique qu'il faut absolument découvrir en bicyclette ! En juin la plaine devient toute bleue (c'est la floraison du lin) et l'odeur des blés qui mûrissent parfument l'air chaud de l'été qui arrive.
2 paysages radicalement différents entourent Hondschoote: Au sud de la ville, c'est le "Houtland" avec ses petits bois "déposés" çà et là reliés par les haies d'épines qui retiennent et abritent les animaux des fermes d'élevages. Au nord d'Hondschoote, c'est l'univers de l'eau, "une vrai petite Camargue" ! De nombreuses espèces d'oiseaux viennent nicher sur les berges des "watergang" (petits canaux qui quadrillent ce territoire situé à -2m sous le niveau de la mer). À voir absolument: l'atterrissage du cygne sur les étangs des Moëres...